Monolithe vs Microservices : le grand débat
Le choix entre architecture monolithique et microservices est l’une des décisions les plus structurantes d’un projet. Chez Eve Media, nous conseillons nos clients sur cette question cruciale en fonction de leurs besoins réels, pas des tendances du moment.
L’architecture monolithique
Dans une architecture monolithique, toute l’application est construite comme une seule unité. Le front-end, le back-end, l’accès aux données et la logique métier sont packagés et déployés ensemble. C’est l’approche traditionnelle du développement web.
Un monolithe bien conçu n’est pas un « gros tas de code » mais une application structurée en modules cohérents. Laravel, Django ou Ruby on Rails produisent naturellement des monolithes.
L’architecture microservices
Les microservices décomposent l’application en services indépendants, chacun responsable d’une fonctionnalité spécifique. Ces services communiquent via des API, généralement REST ou messages asynchrones.
Chaque service peut être développé, déployé et scalé indépendamment, utilisant potentiellement des technologies différentes. Cette autonomie facilite le travail d’équipes distribuées.
Avantages du monolithe
La simplicité est le principal avantage : un seul projet à développer, déployer et monitorer. Les appels entre composants sont des appels de fonction locaux, ultra-rapides et sans risque réseau.
Le debugging est plus simple car tout le code est au même endroit. Les transactions ACID sont naturelles. Le coût d’infrastructure et d’opération est généralement plus faible.
Avantages des microservices
La scalabilité granulaire permet de multiplier les instances uniquement des services sous charge. L’isolation des défaillances empêche qu’un bug dans un service n’impacte les autres.
Les équipes peuvent travailler de manière autonome sur leur service sans coordination excessive. Les déploiements sont plus rapides et moins risqués car ils ne concernent qu’une partie de l’application.
Les pièges des microservices
Les microservices introduisent une complexité significative : communication réseau, cohérence des données distribuées, orchestration des déploiements, observabilité de multiples services.
Le fameux « distributed monolith » est un piège courant : des services soi-disant indépendants mais tellement couplés qu’ils doivent être déployés ensemble, cumulant les inconvénients des deux approches.
Critères de décision
Privilégiez le monolithe pour les startups, les MVPs, les équipes petites ou moyennes (moins de 30 développeurs), et les projets dont les frontières fonctionnelles ne sont pas encore claires.
Les microservices se justifient pour les grandes organisations avec plusieurs équipes autonomes, les applications à très fort trafic nécessitant une scalabilité fine, et les systèmes matures dont les domaines sont bien définis.
L’approche « Monolith First »
De nombreux experts recommandent de commencer par un monolithe modulaire et de migrer vers les microservices si et quand le besoin se fait sentir. Amazon, Netflix et Spotify ont tous commencé en monolithe avant d’évoluer.
Un monolithe bien structuré facilite une extraction progressive en microservices si nécessaire. L’inverse (fusionner des microservices en monolithe) est beaucoup plus difficile.
Le juste milieu
Des approches intermédiaires existent : le monolithe modulaire avec des frontières claires, les macroservices (quelques gros services plutôt que beaucoup de petits), ou le monolithe avec quelques services spécialisés extraits.
Conclusion
Ne choisissez pas les microservices parce que c’est « moderne ». Choisissez l’architecture qui répond à vos contraintes réelles de scalabilité, d’organisation et de maintenance.
Chez Eve Media, nous conseillons généralement de commencer simple et d’évoluer selon les besoins. Contactez-nous pour discuter de l’architecture adaptée à votre projet.